1913

La dernière photo de Léonard,
parue dans le livre de son confrère P. Clément de Terzorio.

1911

Léonard lors de son dernier passage à Baabdath où il est venu se reposer pour quelques mois, suite à un mal de tête acharné.

1906

Photo souvenir de Léonard à sa cousine Tamar.

1906

Les Capucins de Baabdath lors d'un cours séjour dans leur village natal.
 
Au premier rang, en partant de la droite : P. Thomas, P. Antoine Marie de Baltagia (supérieur du couvent S. Antoine de Padoue), P. Bonaventure.

Au deuxième rang, en partant de la droite : F. Paul, F. Elie, P. léonard.

1904

Les élèves du grand séminaire des Capucins à Boudja.

Au premier rang, avec leurs supérieurs, ceux qui ont été ordonnés prêtres, parmi lesquels, entourés d'un cercle, en partant de la droite :
P. Léonard, P. Bonaventure, P. Thomas.

La « Positio »

Document présenté à la Congrégation pour la Cause des saints,
pour la béatification des deux martyrs, serviteurs de Dieu,
Léonard Melki et Thomas Saleh,
de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins,
tués en haine de la foi
( + 1915 et 1917 )

1900

Léonard rentre au grand séminaire des Capucins à Boudja.

Debout avec ses confrères, en partant de la droite :
F. Thomas, F. Bonaventure, F. Léonard.
Assis : P. Gabriel Marie Kneider d'Alep, qui les avait déjà conduits de Baabdath au petit séminaire de San Stefano.

Prière de S. François d’Assise
devant le Crucifix de S. Damien (1205)
 
Dieu très haut et glorieux,
Viens éclairer les ténèbres de mon cœur,
Donne-moi une foi droite,
Une espérance solide et une parfaite charité,
Donne-moi de sentir et de connaître,
Afin que je puisse l’accomplir,
Ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer.
Amen.

Enfance à Baabdath

Située à une altitude moyenne de 750 mètres, Baabdath est, aujourd’hui, un agréable centre de villégiature, à une vingtaine de kilomètres de Beyrouth, dans le caza du Metn. Ses trois mille habitants vivent dans une relative aisance. La présence des Capucins, depuis plus d’un siècle, et celle des Sœurs de la Charité de Besançon, arrivées en 1907, en ont fait un village privilégié. Le niveau culturel, atteint grâce aux Missionnaires, permit aux Baabdathiens d’occuper de hautes charges dans l’Armée, le Parlement, l’Université, le commerce, l’industrie, l’Administration publique et le monde des affaires. Religieusement aussi, le village peut se glorifier d’avoir donné à l’Église une belle gerbe de prêtres et de religieuses qui ont tenu haut le flambeau de la foi et de la charité...

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L ’école primaire
L ’école primaire

L ’école primaire

Contrairement à l’ensemble des habitants du Proche-Orient au XIXème siècle, où l’analphabétisme était quasi général, sauf dans les centres animés par les Missionnaires Européens, les chrétiens libanais avaient un niveau scolaire enviable. Déjà, en 1736, le Concile Libanais, tenu à Loueizé, avait donné l’ordre aux paroisses d’avoir des écoles élémentaires obligatoires pour les garçons et les filles. Si des enfants s’y refusaient, le Concile ordonnait : « Traînez-les par la force ». Dans la région du Metn, les Capucins italiens avaient installé un réseau de petites écoles de village, supervisées par eux et confiées, généralement, au curé local, auquel étaient assurés, en échange, des honoraires de messes...

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L ’arrivée des Quakers
L ’arrivée des Quakers

L ’arrivée des Quakers

Baabdath menait une vie calme et laborieuse. Ses habitants (près de 1200) étaient tous maronites, servis par trois prêtres du village. Du point de vue civil, le village était sous les ordres du Kaïmakam résidant à Broummana. Les habitants étaient tous plus ou moins parents, rattachés à une des quatre familles de base : Corbani, Melki, Labaki, Charabati. La famille Labaki était la plus nombreuse. Il en émergea la branche des Lahoud, plus riche et plus puissante. Les Lahoud se glorifiaient de leur amitié avec le Patriarche de Bkerké, S. B. Youhanna el-Hajj, ainsi que l’évêque de Beyrouth, Mgr. Youssef el-Debs et le Kaïmakam de Broummana, Rachid el-Khazen. Par ailleurs, ils avaient acquis une place de premier ordre dans l’économie du village...

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Chez les Capucins
Chez les Capucins

Chez les Capucins

La tactique inavouée des Capucins fut d’élever leurs nouveaux paroissiens à un niveau spirituel qui les amènerait à savoir oublier et pardonner. Quand ils seront meilleurs chrétiens, ils seront nécessairement préparés à rencontrer avec charité leurs frères maronites et à leur tendre amicalement la main. Travail en profondeur et de longue haleine, qu’ils exécutèrent en donnant le témoignage d’une vie de prière, d’austérité et de dévouement. La vie dans leur église paroissiale, dédiée à saint Antoine de Padoue, était le plus éloquent des discours. Le Père André de Leonessa (Italien) et son confrère le Père François-Marie Zein de Salima (Libanais) centrèrent leur attention sur les jeunes...

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Postulant à San Stefano
Postulant à San Stefano

Postulant à San Stefano

Les Capucins avaient créé deux centres d’études pour la formation des postulants avant l’entrée au noviciat. Le premier était à Philippopoli, choisi à cause du nombre important de candidats bulgares et germains. En 1894, il comptait 38 disciples de diverses nations dont sept sont à la dernière étape de leurs études et seront bientôt envoyés au noviciat... Le deuxième était à San Stefano où étaient reçus les Grecs et les Arméniens...

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La route vers l’Autel
La route vers l’Autel

La route vers l’Autel

Il convient de nous arrêter un peu pour faire connaissance avec l’Institut Oriental de Boudja où chaque frère libanais allait poursuivre ses études pendant six ans. Depuis de longues années, les Missionnaires en Orient s’inquiétaient de l’avenir de leur région. Devant la pénurie des missionnaires qui étaient pris dans les provinces italiennes, et les obstacles créés par les gouvernements italiens manipulés par les laïcs et les francs-maçons, ils proposèrent l’idée d’instituer un séminaire dans leur région même... Après 15 ans d’existence, l’Institut avait formé 34 prêtres destinés pour l’Institut, 11 pour la Bulgarie, 5 pour Trébizonde, 6 pour Smyrne et 5 pour Beyrouth...

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Débuts de mission
Débuts de mission

Débuts de mission

Avant de regagner la Mésopotamie, P. Léonard et P. Thomas eurent la consolation de revenir au Liban qu’ils avaient quitté depuis de longues années. Ils étaient partis, jeunes élèves ; les voilà religieux, prêtres et missionnaires... Par une faveur spéciale, les Supérieurs avaient accordé aux trois autres Baabdathiens de venir ensemble fêter les nouveaux prêtres. Autour du curé, le P. Antoine-Marie de Baltagia (Bulgarie), lui-même ancien de Boudja, se retrouvèrent le P. Bonaventure, venu exprès d’Ourfa, et deux frères encore étudiants en théologie à Boudja : le fr. Elias et le fr. Paul...

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À Mardine
À Mardine

À Mardine

Faisons connaissance avec cette ville de Mardine où le P. Léonard allait commencer son apostolat et où il finira martyr. Mardine (dont le nom signifie la Rebelle) est une ville de la Mésopotamie, résidence du Moutassarrif du Sandjak du même nom et relevant du Wilayet de Diarbakr. À l’époque, elle comptait 4500 maisons avec 35.000 habitants dont 800 familles arméniennes toutes catholiques, 1300 syriaques, 150 chaldéennes, le reste est musulman. Le P. Hyacinthe Simon donne des chiffres plus ou moins rapprochés. D’après lui, il y aurait 42.700 habitants dont 25.000 sont musulmans et 17.700 chrétiens répartis entre 5 églises...

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À Maamouret-el-Aziz
À Maamouret-el-Aziz

À Maamouret-el-Aziz

Redistribution des Frères de la Mission. Puisque tout marchait très bien à Mardine et ailleurs, pourquoi ce remue-ménage général opéré au début de 1910 ? Les raisons sont multiples. À la tête de la Mission était un éminent supérieur, le P. Jean-Antoine de Milan. Avec un zèle et une expérience remarquable, il avait administré son vaste champ d’apostolat depuis plus de 25 ans. Le 22 décembre 1909, il fut nommé Archevêque et Vicaire Apostolique de l’Asie Mineure, avec Smyrne pour résidence. Pour le remplacer, un décret de la Propagande, en date du 10 mars 1910, nomma Supérieur le P. Ange de Clamecy, de la Province S. Bonaventure de Lyon. Cette nomination entraîna une refonte des charges dans la Mission et une nouvelle répartition des Pères...

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Repos au Liban
Repos au Liban

Repos au Liban

P. Léonard demande à son supérieur de lui permettre un repos au Liban. Comme le P. Léonard continue à souffrir de son mal de tête, et près de deux mois après l’incendie du Collège de Maamouret-el-Aziz, le P. Léonard se croit autorisé à demander les moyens de retrouver sa santé. Il écrit à son Supérieur, le P. Ange de Clamecy...

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À Ourfa
À Ourfa

À Ourfa

Après un cours séjour à Baabdath, Léonard rejoint la Mission. Combien de temps exactement dura son séjour à Baabdath ? Malheureusement nous ne le savons pas exactement, probablement quelques mois. Tout juste quelques vieux, tel le regretté Assaad Charbel Corbani, se rappellent l’avoir vu dans les rues du village, les Baabdathiens le montrant du doigt : le voilà le brave missionnaire Capucin en Mésopotamie… Ce qui est sûr, c’est qu’avant Noël de cette même année 1911, il avait regagné son poste, non à Maamouret-el-Aziz, mais à Ourfa...

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Montée des Jeunes-Turcs
Montée des Jeunes-Turcs

Montée des Jeunes-Turcs

La situation politique en Turquie. Le comité Jeune-Turquie, œuvrant depuis bien longtemps pour la réforme des institutions ottomanes, et suite à quelques échecs, entreprit un renouveau dans sa méthode de travail et constitua un nouveau comité « Union et Progrès ». Il obligea alors le Sultan Abd-oul-Hamid, en 1908, à rétablir la Constitution déjà approuvée en 1876, mais qu’il a tardé à mettre en vigueur, afin qu’il puisse exercer le pouvoir absolu. Devant la mauvaise volonté du Sultan, les Jeunes-Turcs le poussèrent à abdiquer. Ils proclamèrent alors Mohammad Rachad sultan en 1909...

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De nouveau à Mardine
De nouveau à Mardine

De nouveau à Mardine

Avec le début de la première Guerre mondiale et la mobilisation des missionnaires français qui ont dû quitter leur poste, le P. Ange de Clamecy, supérieur de la Mission, effectua une redistribution des missionnaires... Deux stations, Kharpout et Malatia, durent être fermées : ces deux résidences furent pendant la guerre dévalisées et pillées par les Turcs qui vendirent tout le mobilier à l’encan. Les quatre autres furent occupées par les neuf religieux qui restaient. À Ourfa, le Père Benoît et le frère Raphaël, Arméniens ; à Diarbakr, les Pères Thomas et Bonaventure, Syriens ; à Mardine, le Père Daniel, Italien âgé de 80 ans, et le P. Léonard, Syrien ; à Maamouret-el-Aziz, les Pères Basile et Louis et le frère Benoît, Arméniens...

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La Première Guerre Mondiale
La Première Guerre Mondiale

La Première Guerre Mondiale

Quand commença la Grande Guerre, la majorité des gens ne savaient ni qui étaient les nations belligérantes, ni qui était l’allié de qui, ni les causes de la guerre. Ce que l’on savait, c’était que les jeunes gens étaient enrôlés pour le service militaire dans les rangs de l’armée ottomane, en abandonnant femmes et enfants à la merci de la faim et de tous les dangers physiques et moraux. Quant aux parents, femmes et enfants, ils savaient une seule chose : celui qui les entretenait était pris comme soldat, sans laisser trace ou adresse. Au début, l’enrôlement affectait les hommes de vingt à quarante cinq ans. Mais bientôt il engloba ceux de dix-huit à cinquante ans...

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Fin de la Mission
Fin de la Mission

Fin de la Mission

La guerre entre la France et la Turquie donna le coup de grâce aux Missions capucines en Arménie, en Mésopotamie et en Cilicie. Dans toutes ces Missions, les Turcs agirent avec barbarie. Nous commencerons par exposer le sort des missionnaires français, pour essayer ensuite de connaître celui des religieux orientaux restés sur place...

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Le plan d ’extermination
Le plan d ’extermination

Le plan d ’extermination

Avec l’abolition des Capitulations et l’état de guerre, la Turquie pouvait agir librement contre les chrétiens. Et voilà un télégramme d’Anwar Pacha : « Tuez tous les chiens qui sont chez vous », c’est-à-dire tuez tous les chrétiens. À une autre occasion, Anwar déclara sans ambages : « Je ne veux plus de chrétiens en Turquie ». Jamal Pacha voulait étendre les massacres jusqu’au Liban. Le P. Berré l’affirme catégoriquement...

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Mgr. Ignace Maloyan
Mgr. Ignace Maloyan

Mgr. Ignace Maloyan

Les signes d’un orage se multipliaient. Mgr. Maloyan, archevêque arménien catholique de Mardine, essayait de se convaincre que ce qu’il pressentait n’allait pas arriver. Les fidèles arméniens, notamment ceux qui étaient en contact avec les notables musulmans, malgré les cachotteries de ces derniers, captaient des signes peu rassurants. Ils lui proposèrent de lui faire passer les frontières vers les montagnes de Sinjar mais il leur dit : « Le pasteur ne peut pas quitter ses brebis pour avoir la vie sauve »...

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Arrestations et...
Arrestations et interrogatoires

Arrestations et interrogatoires

Le mois de mai s’écoula ponctué quotidiennement par de nouvelles alarmes. Mgr. Maloyan, archevêque de Mardine des arméniens catholiques, était angoissé, plein d’inquiétude et profondément attristé, ballotté par les soucis, troublé dans ses pensées. Il entreprit de faire une visite d’adieux à son confrère Mgr. Tappouni, archevêque de Mardine des Syriaques catholiques. La rencontre fut émouvante. Elle fut relatée par Ishac Armalé...

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Tortures et prières
Tortures et prières

Tortures et prières

Tous ceux qui ont été arrêtés furent soumis aux pires tortures. Plusieurs témoins l’attestent : • Les gendarmes ont emmené de force mon mari Georges au couvent des Sœurs Franciscaines où ils l’ont frappé fortement. Quand il retourna à la maison, j’ai remarqué que ses pieds étaient enflés par les coups reçus... • Les gardes ne m’ont pas autorisé à m’arrêter mais j’entendais les cris et les demandes de secours qui venaient de l’intérieur de la prison...

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Le martyre
Le martyre

Le martyre

Mamdouh et ses suppôts fixèrent les dates d’exécution des détenus. On commencera par deux convois, vu le nombre énorme de prisonniers. Le vendredi 11 juin sera emmené un premier convoi de 417 hommes entourés d’une centaine de soldats et de membres de la milice « Khamsine » ; le mardi 15 on emmènera un deuxième convoi de 266 hommes ; le vendredi 2 juillet, un troisième convoi de 600 hommes.
 Les préparatifs du départ commencèrent le jeudi 10 juin. On fit courir le bruit que tout ce monde partirait pour les travaux de réparation des routes. Cyniquement, on recommanda aux familles d’assurer vêtements, vivres et argent. La cupidité du sang n’excluant pas la cupidité du profit matériel, les victimes seront dépouillées et dévêtues avant d’être exécutées...

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Où sont les restes des...
Où sont les restes des martyrs ?

Où sont les restes des martyrs ?

Où sont les restes des martyrs ? Rachid Bey, Wali de Diarbakr, médecin, homme sans conscience, brute fanatique, répond à un télégramme du triumvirat qui se plaignait de la présence de cadavres flottant dans l’Euphrate : L’Euphrate a peu de rapports avec notre Wilayet. Les cadavres cités proviennent probablement des Wilayet d’Erzéroum et de Kharpout. Ceux qui sont tombés morts chez nous ont été ou bien jetés dans des cavernes profondes ou, le plus souvent, ils ont été brûlés. De fait, il n’y a pas assez de place pour les enterrer...

...et, une fois de plus, la bure franciscaine fut teinte du sang des martyrs...
LeonardMelki
© Farés Melki 2013